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Médecine alternative et cancer du sein au Service d’Oncologie de Fianarantsoa, Madagascar

2025;15(1)/PP 06-06 https://doi.org/10.62606/RMMao00233

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  • Auteur(s) : A.H.M. Ranaivomanana (1)* , N.E. Randriamanovontsoa (2), N.C.R. Randriamalala (3), N.R.E. Hasiniatsy (4,5), F. Rafaramino (5)
  • Auteur correspondant : A.H.M. Ranaivomanana
  • Mots-clés : cancer du sein, médecine alternative, thérapies complémentaires, stadification des néoplasmes, Madagascar, thérapeutiques
  • Résumé : Introduction : La médecine alternative parmi les pratiques utilisées pour traiter le cancer du sein en Afrique. L’objectif de cette étude était d’identifier les facteurs socio-démographiques et cliniques associés à l’utilisation de la médecine alternative chez les patientes atteintes de cancer du sein. Méthodes : Une étude transversale a été effectuée du 1er mai 2017 jusqu’au 31 décembre 2022 au Service d’Oncologie du Centre Hospitalier Universitaire Tambohobe Fianarantsoa. L’étude a inclus toutes les patientes atteintes de cancer du sein. Les associations ont été testées par le Chi² de Pearson puis par les odds ratios (OR) avec leurs intervalles de confiance à 95% (IC95%) avec un seuil de significativité fixé à p < 0,05. Résultats : Sur 69 patientes incluses, 37 (53,62 %) avaient eu recours à la médecine alternative. Le niveau universitaire était associé à un moindre recours (OR=0,30 ; IC95%=0,09-0,98 ; p=0,04). Le stade III et IV augmentait significativement la probabilité d’utilisation de la médecine alternative (OR=6,41 ; IC95% = 1,83-22,4 ; p=0,001). Un délai de consultation de moins de 3 mois et un délai de diagnostic de moins de 11 mois diminuaient l’utilisation de la médecine alternative (OR=0,22 ; IC95% =0,08-0,61 ; p=0,002 ; OR=0,19 ; IC95%=0,07-0,54 ; p=0,001). Les principales motivations étaient la guérison (37,84 %) et la peur des effets secondaires de la chirurgie (35,14 %). Les produits biologiques, notamment l’aloe vera (32,43 %) et le pissenlit (21,62 %), étaient les plus utilisés. Conclusion : La médecine alternative contribue au retard diagnostique, entraînant une proportion élevée de stades avancés. Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer l’éducation sanitaire, d’impliquer les familles et les communautés dans la sensibilisation, et d’encadrer l’usage des plantes médicinales locales.
  • Abstract : Introduction: Alternative medicine is among the practices used to treat breast cancer in Africa. The aim of this study was to identify sociodemographic and clinical factors associated with the use of alternative medicine among breast cancer patients. Methods: A cross-sectional study was conducted from May 1, 2017 to December 31, 2022 in the Oncology Department of University Hospital of Tambohobe, Fianarantsoa. All breast cancer patients were included. Associations were tested using Pearson’s Chi² and odds ratios with 95% confidence intervals, with statistical significance set at p < 0.05. Results: Among 69 patients, 37 (53.6%) reported using alternative medicine. University education was associated with lower use (OR=0.30; CI95%=0.09-0.98; p=0.04). Advanced stage (III–IV) significantly increased the likelihood of use (OR=6.41; CI95%=1.83-22.4; p =0.001). A patient delay of less than 3 months and a diagnostic delay of less than 11 months reduced the probability of use (OR=0.22; CI95% =0.08- 0.61; p=0.002; OR=0.19; CI95%=0.07–0.54; p=0.001). The main reasons were to cure of cancer (37.8%) and fear of surgical side effects (35.1%). Biological products, particularly aloe vera (32.4%) and dandelion (21.6%), were the most frequently used. Conclusion: Alternative medicine contributes to diagnostic delays, leading to a high proportion of advanced stages. These findings highlight the need to strengthen health education, involve families and communities in awareness programs, and regulate the use of local medicinal plants within a complementary and safe framework.